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« Le disciple ne devient pas disciple en subissant un forçage comme une plante de serre chaude, ni en étant nourri à la cuiller par un maître bienveillant, mais grâce à ses efforts personnels et résolus. Il a appris- à contrôler la nature de ses passions et de ses désirs, de telle sorte qu'il n'est plus dirigé par ses émotions. La langue a perdu le pouvoir de blesser, de telle sorte que, quelle que soit l'injustice ou l'humiliation qu'il subit, non seulement il ne riposte pas ou ne ressent pas de colère mais encore a perdu le pouvoir de le faire. À première vue, cette attitude peut paraître faible et lâche à beaucoup, mais supporter l'injustice avec sérénité demande un courage et une force beaucoup plus grands que prendre farouchement sa propre défense ! Cependant, bien qu'il ne combatte pas contre un autre pour sa propre défense, il met courage et hardiesse à défendre le faible et l'opprimé. En fait, son cœur est devenu comme « le fruit mûr du manguier : aussi doux et tendre pour les souffrances d'autrui que la brillante pulpe d'or de ce fruit et aussi dur que son noyau pour (ses ) propres angoisses et souffrances » (La Voix du Silence, pp. 80-1). »
(Le disciple, B.P. Wadia, C.T. 110)