Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
/ / /

LA VÉRITABLE MORALITÉ

 

 

La véritable moralité n’est pas une question de mots, de phrases, ni de comportement d’aucune sorte, et son fondement n’est pas à chercher non plus parmi les nombreuses conceptions de moralité existant dans le monde, lesquelles varient dans le temps et dans l’espace. Ce qui est “moral” à une époque peut devenir “immoral” à une autre. Ce changement d’attitude vis-à-vis de nos actes, cette fluctuation des critères du bien et du mal, ces modifications des “grands universaux”, ne se fondent absolument sur rien. Il en résulte immanquablement de l’intolérance, ceux qui se vantent de leurs propres critères de “moralité” se montrant toujours intolérants vis-à-vis de ceux qui les rejettent. La véritable moralité consiste à comprendre et à réaliser la nature spirituelle de l’homme, elle doit nécessairement en découler, indépendamment de toutes les sortes de conventions. Pour comprendre ce qu’est réellement la moralité, il nous faut d’abord connaître notre propre nature intérieure.

 

Les conventions de la vie sociale ne sont établies que sur la base d’une communauté d’opinion des êtres vivants en un lieu et à une époque donnée. Ils ne se fondent pas nécessairement sur la vérité, et encore moins sur une perception de la vérité intégrale. Comme nous pouvons le voir, l’intérêt général n’est pas servi par les conceptions généralement acceptées. Le monde se trouve dans un état terriblement mauvais et égoïste. Malgré toutes les idées qui prévalent en matière de progrès, de moralité et de religion, ce n’est pas un lieu où l’on puisse être aussi heureux qu’on pouvait l’être, sans doute, il y a un siècle ou deux, ni un espace aussi bon offert à des êtres humains pour y vivre, qu’il ne l’était dans les civilisations plus innocentes et moins complexes des anciens peuples. De toutes évidence, nos conceptions présentent des failles, puisque nous sommes forcés de constater qu’au lieu d’aller mieux, la situation mondiale empire, et que la vie, loin de se simplifier, se complique de plus en plus. Nous ne serions pas dans cette situation si nos opinions religieuses et morales découlaient des idées fondamentales sous-jacentes à toutes religion, philosophie ou système de pensée.

 

La base de compréhension de la vie, acceptée par la majorité des Occidentaux, a été une religion révélée, et le Dieu personnel qui l’a révélée. C’est sur cette base que se sont développées toutes nos conceptions erronées. D’où la grande importance accordée à l’existence physique. En fait, on peut dire que la pensée de la plupart des êtres humains se focalise entièrement sur l’existence physique. On ne se pose même pas la question de savoir pourquoi on est né à cette époque, dans telles conditions, dans telle nation, et non à une autre époque, passée ou future, où le monde aurait pu aller mieux. Nous ne nous sommes pas demandé pourquoi nous étions ici-bas, après tout, ni quelle était la cause première qui nous a mis dans cette situation. Fut-ce le bon vouloir ou le caprice d’un Être particulier, ou l’opération d’une loi inhérente à notre être intérieur ? Si nous sommes ici, avec les qualités qui sont les nôtres, par le vouloir ou le caprice d’un Être quelconque, alors force nous est de nous considérer comme absolument irresponsables de quoi que ce soit. Si nous avons été créés ainsi, rien ne peut annuler cette création, et nous devons subir les conséquences de causes que nous n’avons pas déclenchées !

 

   

         Les justes conceptions de la philosophie antique nous libèrent de deux notions fausses : d’une part, qu’il existe un Dieu vengeur qui nous punit pour des choses que nous sommes incapables de nous empêcher de faire, et d’autre part, qu’il existe un Diable auquel nous serons livrés si nous ne suivons pas les directives que certaines gens ont fixées pour nous. Une connaissance de la Théosophie nous permet de comprendre qu’il n’y a jamais eu de “création” au sens d’une création à partir de rien ; mais que tout – chaque être de chaque espèce – a évolué, et continue de le faire. Les êtres moins avancés que nous sont en train d’évoluer vers notre niveau, tandis que ceux qui nous ont de loin dépassés sont passés, il y a très longtemps, par le stade qui est le nôtre actuellement. Tous les êtres sont devenus ce qu’ils sont par une évolution procédant de l’intérieur vers l’extérieur, et selon la Loi.

 

            Cette Loi opère partout et sur chacun des êtres, car elle n’en est pas distincte ; elle n’est pas séparée de la nature spirituelle intérieure de l’être. Cette Loi est celle de l’action même de l’homme. Ainsi, comme nous agissons selon les tendances qui affectent autrui, en bien ou en mal, nous recevons forcément en retour les résultats de ces bons ou mauvais effets que nous avons fait subir aux autres. Chaque individu met en mouvement la Loi, en reçoit les conséquences de ses actes : comme il a semé il récolte. Ainsi, au lieu de croire en un Dieu vengeur, nous avons la notion d’une Justice absolue et d’une responsabilité individuelle.

 

Si, du point de vue de la Loi, nous nous demandons quelles sont les causes préexistantes qui nous ont amenés dans la situation actuelle, nous pouvons constater que ce qui existe maintenant a dû être mis en place par nous-mêmes et que le présent est semblable a ce qui fut jadis. Il vient aussitôt à l’esprit que ce n’est pas notre première présence sur la terre, mais que, de nombreuses fois, nous nous sommes trouvés dans un corps ; que la réincarnation est le processus par lequel les être humains atteignent des niveaux de plus en plus élevés ; que le seul moyen d’apprendre toutes les leçons de la vie physique parmi nos congénères est de nous réincarner encore et encore.

 

            Nous accédons ensuite à une autre phase de notre existence : nous voyons en effet qu’il y a en nous quelque chose qui opère continûment, qui n’est jamais né et ne meurt jamais. Et si cela persiste d’une vie à l’autre, au cours de nombreuses vies, et à de nombreuses reprises, dans le futur, c’est qu’il doit y avoir en nous un élément permanent qu’aucun changement d’état, de corps ou de circonstances ne peut altérer un seul instant. A mesure que nous apprenons ainsi à penser en termes d’époques, et non plus en jours d’une seule courte vie, nous commençons à saisir un aperçu de ce qu’est cette Réalité présente dans l’intimité de notre être ; nous ouvrons la porte qui permet à ces perceptions intérieures, réelles et plus permanentes, d’influencer nos pensées quotidiennes à l’état de veille – chaque être humain individuel a surgi en effet de cette Grande Source Unique, est animé par Cela, est effectivement Cela, à la racine même de son être ; et en Cela est son pouvoir de perception et d’action qui est par essence spirituel et permanent. Le pouvoir de percevoir et d’agir existe en chacun de nous ; la maîtrise de cette perception et de cette action réside en chacun. Chacun a la possibilité de suivre la voie qui lui semble la meilleure ; mais, en la suivant, il sème, et il devra aussi récolter, en fonction de ce qu’il a semé. Dans cet univers de Loi, chaque être fait des expériences, comme il le fait, en raison de ses propres pensées, paroles et actions ; chaque circonstance, chaque journée malheureuse, tout le mal comme tout le bien qui nous échoit, résulte d’une pensée, parole ou action que nous avons produite dans le passé. Dans chacune de nos incarnations, nous avons des amis et des ennemis. Aussi notre esprit n’a-t-il aucun souci à se faire pour ce qui est de Dieu ou du Diable. Chacun de nous représente à la fois l’Esprit – la nature divine supérieure – et, également, la nature infernale, la plus basse. En fait, l’homme est spirituel, mais, comme il se croit matériel et séparé, et qu’il agit en conséquence, il provoque le conflit entre les deux natures qui sont en lui.

 

  

          La grande erreur des hommes de religion actuels réside dans la distinction qu’ils ont faite entre le bien et le mal. Rien n’est bon, ni mal, en soi. C’est l’usage que nous faisons des choses qui les rend bonnes ou mauvaises. Comment pourrions-nous, dans chaque cas délimiter avec précision la frontière entre le bien et le mal ? On juge du bien ou du mal selon les effets qui découlent d’une action, mais ce qui peu sembler mauvais dans un cas peut en fait représenter le plus grand bien. Et ce qui semblerait bon, dans un autre, peut en réalité, conduire au pire des maux. La différence entre le divin et le satanique tient à l’épaisseur d’un cheveu. Et ce cheveu ne dépend pas de tel ou tel comportement, mais d’une claire définition de la motivation, ou de l’intention de celui qui agit. Une bonne intention ne peut jamais produire uniquement de mauvais effets, et, cependant, elle ne suffit pas. Avec les meilleures intentions du monde, mais sans la connaissance et la sagesse, nous pouvons finir par mal agir, sans le vouloir ; parfois même, il peut arriver que nous fassions le bien alors que nos intentions étaient mauvaises. Ainsi, la moralité authentique semble résider non pas dans l’acte lui-même, mais dans la motivation ; et celle-ci dépend de la connaissance et de l’intelligence de l’être qui agit.

 

            Où que se situent les voies de la moralité authentique, ce n’est pas une raison pour faire le mal afin qu’un bien était en résulte ! Comment pourrions-nous mal agir si notre perception dans le sens du bien était correcte notre connaissance éclairée, et notre intention irréprochable et désintéressée ? Dans de telles conditions, qui sont de la nature de l’Esprit, aucun mal imaginable ne pourrait être causé. Il faut la plus large contribution de l’intelligence et de la sagesse pour assurer qu’aucun effet mauvais ne puisse se produire, même quand l’intention était bonne. La sagesse est toujours requise, car la nature et l’essence même de notre être sont la sagesse, et ce qu’elle permet d’acquérir. Rien n’est plus élevé que cette essence de notre être, et nous pouvons l’atteindre consciemment en commençant par rejeter toutes les conceptions qui sont en conflit avec elle, puis en agissant, sur la base de notre nature spirituelle, en nous fondant sur la Loi absolue et infaillible. Une fois que ces idées sont tenues dans le mental, en excluant toutes les autres idées de séparativité, l’unité de l’Esprit, l’unité de la pensée et de l’action occupent la place.

 

            La grande philosophie de la Théosophie offre ainsi une base qui permet de saisir quel est le type de moralité le plus authentique. La véritable moralité ne dépend ni de mots, ni de phrases, ni de conventions, mais d’une perception universelle de toutes choses, dans laquelle toute action est accomplie pour le bien, chaque pensée comme chaque sentiment est dédié au bénéfice d’autrui, et non de soi-même. Les deux conditions essentielles de la véritable moralité sont une claire perception de notre nature spirituelle, et l’intention d’aider l’humanité dans tous les domaines et dans tous les cas, avec un complet désintéressement. La moralité authentique est en fait une existence universelle, et elle commence avec le désir de vivre au bénéfice de l’humanité, sans aucun intérêt pour soi et sans aucun espoir de récompense ; ensuite, elle consiste à la mettre en pratique et à aider ceux qui en savent encore moins que nous.  

 

Ceci se situe aux antipodes des idées religieuses courantes de rédemption personnelle et cependant cette existence universelle est notre rédemption. Dès que ces idées universelles sont comprises, et en partie réalisées, toute crainte nous quitte aussitôt. Aucun changement, aucune mort, aucune chose, présente ou future, ne peut plus nous affecter. Nous faisons face aux circonstances au fur et à mesure qu’elles se présentent, en faisant notre possible, et laissons d’autres circonstances leur succéder. Nous traversons la vie, loin d’être malheureux, et parfaitement capables de jouir de tous les plaisirs et joies de la vie – tout ce dont vivent, ou espèrent vivre, les autres hommes. Nous évoluons parmi nos compagnons, en comprenant toutes les expériences qu’ils traversent, en goûtant leurs joies, et leurs peines, quand ils en ont, en restant cependant nous-mêmes, exempts de toute joie ou peine. À ce stade, notre sens de la moralité se fonde sur la nature humaine. On considère alors tout être comme appartenant à la même espèce que soi, la seule différence résidant dans le niveau de compréhension. Il ne peut plus y avoir en nous que tolérance et compassion, car nous comprenons alors que nous ne pouvons juger les autres dans leurs luttes ; nous ne pouvons prétendre reconnaître le bien dans tel cas, ni le mal dans tel autre ; nous savons que le bien et le mal sont entièrement relatifs chez des hommes qui ne perçoivent absolument pas la Réalité ; nous réalisons que la meilleure chose qu’il soit possible de faire pour quelqu’un consiste à l’aider à se comprendre lui-même, afin qu’il puisse atteindre le niveau de perception, de connaissance et de pouvoir qui, en réalité, lui revient, mais qu’il lui faut encore réaliser.

 

            Des conditions erronées de la vie empêche l’homme de connaître la vérité, et il est évident que la première étape vers la perception vraie consiste à écarter les préjugés et prédilections avec lesquels il a vécu. Et il y a toujours de l’aide possible. Nous n’avons jamais été laissés seuls. Il y a toujours des êtres plus évolués que nous qui reviennent dans le domaine de l’existence physique pour nous aider, pour nous éveiller à la perception de notre nature. Telle fut la mission de toutes les Incarnations Divines au cours des âges. Ces êtres sont venus et ont vécu parmi nous, sont devenus “en toutes choses semblables à nous”, comme on l’a dit de Jésus, afin que nous comprenions les paroles humaines qu’ils nous ont dites. Ils viennent à notre rencontre, en se plaçant sur la même base idéologique que nous, afin de tenter de l’éclairer et de la corriger. Ils ne peuvent en rien arrêter ce que nous avons fait, ni ce que nous voulons faire ; Ils ne peuvent pas interférer ; mais Ils peuvent nous aider à regarder dans la bonne direction, si nous le souhaitons ; Ils peuvent nous aider si nous nous tournons dans la direction qu’Ils indiquent, le sentier qu’Ils ont eux-mêmes parcouru, il y a très longtemps. Ils essaient toujours de nous aider, même lorsque nous nous fourvoyons dans des voies erronées et attirons par là, sur nous, les souffrances que cela implique nécessairement. Même dans ces cas, Ils tentent d’en canaliser les effets dans une voie plus favorable. Ils retiennent le terrible Karma qui ébranlerait le monde, et laissent ses effets se manifester d’une façon si progressive que nous pouvons les supporter et les endurer. Cela fait partie du pouvoir de protection de la nature spirituelle, lequel opère dans tous les domaines.

 

            Ainsi donc, il nous appartient de dire dans quel sens nous irons. Nous ne sommes pas des créatures de circonstance ni d’environnement. C’est nous qui les créons. Et c’est à nous qu’il incombe de veiller à penser correctement, de construire de manière juste, sur les solides fondations des vérités éternelles, et de garder les yeux fixés sur la Voie que les grands Maîtres de Sagesse ont tenté de nous ouvrir. Ensuite, nous pourrons, à notre tour, indiquer cette Voie aux légions d’êtres qui vivent dans l’illusion et l’ignorance, et, en les aidant tous, nous nous aiderons nous-mêmes. Quand nous nous aiderons nous-mêmes en aidant les autres, c’est l’ensemble que nous contribuerons ainsi à élever.

 

Partager cette page
Repost0
Published by theosophie-tarentaise.over-blog.com

theosophie-tarentaise

Programme et activités du Groupe d'Etude Théosophique en Tarentaise

Recherche

Pages

Catégories