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La Clef de la Théosophie H.P. Blavatsky (extraits)

 

Les Maîtres sont des hommes vivants, nés comme nous, et destinés à mourir comme tous les mortels. (…)

 

QUESTION — Mais quelle est la véritable signification du mot « Mahâtma » ?

 

LE THÉOSOPHE — II signifie simplement une « grande âme » — grande à la fois par son élévation morale et par son développement intellectuel. (…)

 

QUESTION — Mais pourquoi les appelez-vous « Maîtres » ?

 

LE THÉOSOPHE — Nous les appelons ainsi parce qu'ils sont nos instructeurs, et parce que c'est d'eux que nous tenons toutes les vérités théosophiques, bien que ces vérités aient été maladroitement exprimées par certains d'entre nous et mal comprises par d'autres. Ce sont des hommes d'une grande érudition et d'une sainteté de vie plus grande encore. Nous les appelons aussi Initiés. Ce ne sont pas des ascètes au sens usuel de ce mot, quoiqu'ils se tiennent loin de l'agitation et des luttes de votre monde occidental. (…)

 

Les pouvoirs exercés par les Maîtres ne sont que le développement de ceux qui existent à l'état latent en chaque homme et en chaque femme ; pouvoirs que même la science officielle commence à reconnaître. (…)

 

QUESTION — Est-il vrai que ces hommes inspirent certains de vos auteurs, et que beaucoup de vos ouvrages théosophiques, sinon tous, ont été écrits sous leur dictée ?

 

LE THÉOSOPHE — C'est vrai pour certains de nos ouvrages. Il y a des passages entiers qui ont été dictés par eux, mot à mot ; mais en général, ils se bornent à inspirer les idées, en laissant à ceux qui écrivent le soin de la forme littéraire. (…)

 

Ils n'ont pas le droit, sous peine de tomber dans la magie noire, de prendre la maîtrise complète de l'Ego immortel de quiconque, et ne peuvent donc agir que sur la nature physique et psychique du sujet, en laissant ainsi le libre arbitre de ce dernier absolument intact. En conséquence, à moins qu'une personne n'ait été mise en relation psychique avec les Maîtres, et ne soit aidée, en vertu de la foi absolue qu'elle peut avoir en ses Instructeurs, et de sa dévotion envers eux, ceux-ci éprouveront de grandes difficultés à pénétrer le chaos obscur de la sphère mentale de cette personne, chaque fois qu'ils voudront lui transmettre leurs pensées. (…)

 

Vers la fin de chaque siècle, vous trouverez invariablement un déversement d'énergies ou un bouleversement dans le sens d'une montée dans le domaine de la spiritualité ou, si vous le préférez, du mysticisme. À ces époques, une ou plusieurs personnes se révèlent dans le monde comme agents des Maîtres et on voit se répandre, sur une échelle plus ou moins grande, un enseignement et une connaissance occultes. (…)

 

Echos de l’Orient

 

Les Mahâtmas sont des hommes ou des âmes possédant un savoir illimité concernant les lois naturelles ainsi que l'histoire et le développement de l'homme. Ils ont conservé la connaissance de toutes les lois de la nature depuis des âges, non seulement par la tradition qu'ils ont transmise parmi leurs disciples, mais aussi sous la forme d'archives réelles et de bibliothèques existant ici et là dans les nombreux temples et galeries creusés sous terre en Inde. Certains croyants affirment aussi qu'il y a des collections de livres et d'archives en certains lieux retirés, dans toute la partie du Tibet inconnue des Européens, et dont l'accès n'est possible qu'aux Mahâtmas et aux Adeptes.

 

La foi accordée à une théorie aussi universelle s'appuie sur l'ancienne doctrine hindoue qui considère l'homme comme un être spirituel — en d'autres termes, comme une âme — laquelle revêtirait différents corps, de vie en vie sur terre, afin d'arriver finalement, après une longue suite d'expériences répétées, à une connaissance si parfaite qu'elle lui permettrait de s'incarner dans un corps digne d'être l'habitat d'un Mahâtma, ou âme élevée à la perfection. Alors, est-il affirmé, cette âme particulière deviendrait une aide spirituelle pour l'humanité. Et de plus, en gagnant ainsi l'état de perfection, ces hommes seraient censés posséder la vérité au sujet de la genèse des mondes et des systèmes, comme aussi du développement de l'homme, sur notre planète ou sur d'autres. (…)

 

Ces êtres glorieux déclarent en outre, comme un fait scientifique et dynamique, que tous les hommes forment une unité — qu'ils l'admettent ou non — et que chaque nation souffre, sur le plan moral aussi bien que physique, des fautes de toutes les autres, et reçoit de même des bienfaits des autres, qu'elle le veuille ou non. Cela est dû à l'existence d'un milieu ténu et impondérable qui pénètre le globe tout entier, et dans lequel tous les actes et toutes les pensées de chaque homme se font sentir et laissent leur empreinte, pour se réfléchir ensuite dans le monde. (...) 

 

Ils affirment qu'ils possèdent de nos jours, en Orient, d'immenses collections, soigneusement gardées, d'archives de toute espèce ; celles-ci se rapportent non seulement à l'histoire physique de l'homme mais aussi à son évolution astrale et spirituelle. (…)

 

D’après eux, l'élaboration de la forme intérieure astrale de l'homme est venue en premier dans l'ordre de l'évolution, et s'est poursuivie durant un nombre considérable d'années, avant que sa structure physique s'édifie sur la base de la première. (…)

 

Les archives qui ont été conservées par les Adeptes et se trouvent maintenant dans les mains de leurs représentants et successeurs actuels — qui sont aussi des Adeptes — ont trait non seulement à la naissance des planètes de ce système solaire, mais aussi à l'évolution de l'homme, et à son développement, qui le fait passer par les divers règnes de la nature, jusqu'à ce qu'il atteigne finalement l'état le plus parfait qu'on puisse imaginer. Cette évolution de l'être humain comprend non seulement la genèse de son organisme mortel, mais aussi bien l'histoire de l'être intérieur que les Adeptes ont l'habitude d'appeler l'homme réel. (…)

 

L'Ego profond* de chaque homme est immortel, « a existé de tout temps, existera toujours et ne pourra jamais cesser d'exister » ; apparaissant à intervalles successifs, et réapparaissant, revêtu d'un corps à chaque fois différent, il donne seulement l'impression d'être mortel ; cependant, il reste toujours le fondement et le soutien de la personnalité qui agit sur la scène de la vie. Et dans ces apparitions sous une forme mortelle, les questions soulevées plus haut, concernant les conditions prénatales et post mortem, sont pour l'homme d'un intérêt vital car, selon qu'il connaît ou ignore les réponses à leur sujet, sa pensée et son comportement comme acteur sur la scène de la vie changeront ; et il n'est pas moins nécessaire pour lui d'avoir cette connaissance de manière à pouvoir vivre en apportant son aide au grand mouvement ascendant de la vague évolutive.

 

Note :

 

*[En langage moderne, l'ego signifie presque toujours le moi psychologique, lié à l'histoire de la personne, alors que l'Ego, selon la Théosophie, renvoie à ce que l'on tend à appeler notre alter ego supérieur. Cet Ego supérieur est notre principe permanent d'identité : source de notre sentiment du je individuel, indépendant du temps et de l'espace.]

 

 

C'est depuis des âges que les Adeptes poursuivent une expérimentation et une investigation scientifiques sur ces sujets. Étant eux-mêmes des voyants de l'ordre le plus élevé, ils ne se sont pas contentés de consigner leurs propres expériences réelles au-delà du voile de la matière, en abordant les choses des deux côtés de ce voile, ils ont assemblé, comparé et analysé — pour en garder la trace — les témoignages d'expériences similaires faites par des centaines de milliers de voyants de moindre degré — leurs propres disciples. Et cette démarche se poursuit sans interruption depuis des temps immémoriaux. (…) les Adeptes sont les seuls vrais savants, car ils prennent en compte tous les facteurs intervenant dans une question tandis que la Science est limitée par le pouvoir du cerveau, par les circonstances, l'imperfection de ses instruments et par une totale incapacité à percevoir quoi que ce soit sous la surface des simples phénomènes présentés par la matière. Toute l'information concernant les visions et expériences de ces voyants de tous niveaux au cours des âges reste disponible de nos jours. Mais, dans cette masse de témoignages, rien n'a été accepté qui n'ait été contrôlé et vérifié par des millions d'observations indépendantes. C'est pourquoi les Adeptes sont vraiment dans la position de ceux qui détiennent une véritable connaissance expérimentale concernant ce qui précède la « naissance » de l'Ego dans une forme humaine, et ce qui se produit lorsque l'« enveloppe mortelle » est rejetée.

 

Cette consignation des expériences se poursuit toujours actuellement, car l'infinité des transformations de la Nature en évolution ne connaît aucun arrêt, et interdit de prononcer aucun « mot final », aucune conclusion définitive. (…)

 

Quoique la philosophie théosophique ne postule pas un Dieu personnel — qu'il soit extra- ou intra- cosmique — elle ne peut admettre que la Nature soit laissée à elle-même dans son travail : elle affirme que les Dhyân Chohan l'assistent, et sont constamment occupés à guider dans son mouvement évolutif la vie partout présente. (…)

 

Les Adeptes sont des hommes vivants, qui font usage de corps semblables aux nôtres ; ils sont disséminés dans le monde entier, et parmi toutes les nations ; ils se connaissent entre eux, mais non sur la base de simples formes, ou de signes maçonniques de reconnaissance, à moins que nous appelions « maçonniques » des signes naturels, physiques et astraux. Ils ont des moments où ils se réunissent entre eux : ils sont alors présidés par certains parmi eux qui sont plus avancés que les autres en connaissance et en pouvoir. À leur tour, ces Adeptes supérieurs ont entre eux des communications où Celui qui préside est le plus élevé ; c'est à ce plus haut niveau que commence la communication avec les Dhyân Chohan. Tous, à leur degré respectif, accomplissent le travail qui appartient à ce degré, et bien qu'on puisse attribuer à l'Adepte Suprême uniquement un pouvoir quelconque de gouverner ou de guider la Nature et l'humanité, cependant, le moindre d'entre eux occupe une place importante dans le plan d'ensemble. (…)

 

Un Mahâtma n'est pas seulement un Adepte, mais bien plus que cela. L'étymologie de ce terme (qui est purement sanskrit) en dévoile la portée : il signifie Grande Âme, de mahâ, grand, et âtma, âme. Ce qui ne veut pas dire simplement un homme au noble cœur, mais un être devenu parfait, qui a atteint l'état fréquemment décrit par les mystiques* (et nié, comme une impossibilité, par les hommes de science), état où le temps et l'espace cessent d'être un obstacle à la vision, à l'action, à la connaissance ou à la conscience. (…)

 

Note :

 

[Dans le contexte de ces articles, le mot « mystique », qui peut renvoyer au saint contemplatif des religions occidentales ou orientales, désigne aussi, sans aucun doute, le disciple engagé sur la voie occulte du yoga spirituel, conduisant à l'initiation aux « Mystères ».]

 

 

Les Adeptes et les Mahâtmas ne sont pas les produits d'un développement miraculeux, ni les successeurs égoïstes de certains êtres qui seraient tombés par hasard sur de grandes vérités et les auraient transmises à des fidèles, en en gardant les droits exclusifs de propriété. Ce sont des êtres humains, entraînés, développés, cultivés, pendant une durée qui ne couvre pas une seule existence mais une longue série de vies, en suivant toujours les lois de l'évolution, et en se conformant tout à fait à ce qu'on voit se produire parmi les hommes du monde ou de la science. (…)

 

Le Mahâtma, sans cesser d'être humain, est encore plus grand qu'un Tyndall*. L'Adepte-Mahâtma est le résultat d'une croissance naturelle, et n'est pas produit par un miracle ; le processus qu'il a suivi pour le devenir peut ne pas nous être familier, mais il est strictement dans l'ordre de la Nature. (…)

 

 

Note :

[Physicien irlandais (1820-1893), John Tyndall, considéré par Mme Blavatsky comme « l'un des plus grands, sinon le plus grand homme de science en Europe », attira l'attention des théosophes par ses réflexions sur la Science et l'homme, sur la matière, considérée par lui comme « essentiellement mystique et transcendantale ». Voir The Theosophist, juillet 1883, pp-260-1.]

 

 

Ces hommes étonnants ont de tout temps influencé la destinée des nations, et aujourd'hui encore modèlent les événements. Les remparts de paix, comme les faiseurs de guerre tels que Bismarck, ou les sauveurs de nations comme Washington, Lincoln et Grant, doivent leur élévation, leur singulière puissance et leur emprise étonnante sur les hommes aptes à les aider dans leur entreprise, non à l'entraînement poussé de leur intellect, ni à une longue préparation dans les écoles de leur époque, mais bien à ces invisibles Adeptes, qui ne briguent aucun honneur, ne recherchent aucune publicité et n'exigent aucune reconnaissance. (...)

 

Lincoln avait toujours eu le sentiment que, d'une façon ou d'une autre, il devrait servir un jour d'instrument pour une grande tâche ; et on trouve, ici et là, dans les propos de Bismarck, des allusions à ces moments de silence (dont il ne parlait jamais ouvertement) où il sentait en lui-même l'impulsion qui allait l'amener à accomplir tout ce qui serait compté comme bien dans son action. (…)

 

Les Adeptes n'œuvrent pas pour être loués des hommes, pour acquérir la maîtrise passagère d'un jour, mais pour les races futures et pour le meilleur et le bien le plus élevé de l'humanité. (…)

 

C’est la loi qui les gouverne. Interférer avec karma, ils ne le font pas, ils ne le veulent pas et ne le doivent pas ; c'est-à-dire qu'ils n'iront pas aider un individu de la manière souhaitée – pour aussi méritant qu'il puisse paraître – si son karma ne le permet pas ; pas plus qu'ils ne voudraient s'imposer dans le champ de la pensée humaine afin d'étonner l'humanité par une manifestation de pouvoir qui serait partout considéré comme miraculeux. (…)

 

En employant leurs pouvoirs naturels, ils influencent chaque jour le monde, non seulement parmi les riches et les pauvres en Europe et en Amérique, mais dans tous les autres pays, de telle sorte que ce qui arrive effectivement dans notre vie est meilleur que ce qui aurait été s'ils n'y avaient pris aucune part. (…)

 

Les Nirmânakâya - se consacrent sans cesse à une tâche qu'ils considèrent comme plus importante que toutes les entreprises terrestres : ils s'attachent à l'amélioration de l'âme de l'homme, et à tout autre bienfait qu'ils peuvent accomplir par l'intermédiaire d'agents humains. (…)

 

Ce sont des êtres qui possèdent le nirvâna, mais le refusent dans le but de pouvoir aider l'orpheline souffrante : l'humanité. Ils ont suivi l'injonction du Livre des Préceptes d'Or : « Retire-toi du soleil dans l'ombre pour faire plus de place aux autres »*. (...)

 

Il y en a qui ont sous leur garde certains individus particuliers dans chaque nation qui, dès leur naissance, sont destinés à être des facteurs importants dans l'avenir : ils les guident et veillent sur eux jusqu'au moment voulu. Et ces « protégés »** savent rarement qu'une telle influence les entoure, surtout en notre 19e siècle. Mais les Nirmânakâya n'ont pas besoin qu'on reconnaisse et apprécie cette insigne assistance, car ils opèrent derrière le voile et préparent les matériaux pour un but défini. Il se peut aussi qu'un même Nirmânakâya ait sous sa garde beaucoup de personnes différentes (hommes ou femmes) qu'il dirige en même temps. (…)

 

 

Notes :

 

*[Cf. La Voix du Silence, Traité II, p.49. Voir, dans ce livre, d'importants passages sur ces êtres de compassion, pp.50, 58, 93, et les notes 26,44.]

 

**[En français dans le texte.]

 

 

La main du Maître est guidée par une intelligence omnisciente, propulsée par une force gigantesque - et elle œuvre en coulisse. (…)

 

Les Sages dont nous parlons, et leurs disciples, portent en eux-mêmes la marque indélébile de reconnaissance, et leur parole dit les mots bien connus prouvant qu'ils sont de ceux qui se sont développés selon des lois, et non simplement des personnes qui, après avoir subi quelque épreuve puérile, sont entrées en possession d'un diplôme. (...)

 

Il y a de nombreux Adeptes qui vivent dans le monde, et tous se connaissent entre eux. Ils ont des moyens de communication inconnus de la civilisation moderne, grâce auxquels ils peuvent, entre eux, transmettre et recevoir des messages à n'importe quel moment et à d'énormes distances, sans employer aucun moyen mécanique. Nous pourrions dire qu'il existe une Société d'Adeptes, à condition de ne pas attacher à ce mot le sens ordinaire qu'on lui donne. C'est en fait une Société qui n'a pas de lieu de réunion, qui n'exige aucune cotisation, qui n'a ni constitution ni statuts autres que les lois éternelles de la Nature; elle ne possède ni police, ni espions à son service, et on n'y présente ni ne reçoit aucune plainte, pour la bonne raison que tout délinquant se trouve puni par l'action de la loi, laquelle échappe entièrement à son contrôle, car il perd sa maîtrise de la loi dès l'instant où il la viole.

 

Cette Société d'Adeptes tient sous sa protection, son assistance et sa direction les disciples de chacun de ses membres. Ces disciples se divisent en différents degrés correspondant aux divers stades de développement ; les moins avancés sont aidés par ceux qui les précèdent, et ceux-ci par d'autres, d'une façon similaire, jusqu'à ce que soit atteint le grade de disciple où le rapport direct avec les Adeptes devient possible. En même temps, chaque Adepte tient sous son regard chacun de ses disciples. C'est par l'entremise des disciples des Adeptes que beaucoup d'effets sont produits dans le domaine de la pensée et des affaires humaines, car, depuis les grades supérieurs, sont souvent envoyés des agents qui, sans révéler leur rapport avec le mysticisme, influencent des individus qui sont connus comme devant jouer un rôle important dans des événements sur le point de se produire. (…)

 

De la même façon qu'un diamant taillé témoigne du travail qui lui a donné sa valeur et son éclat, l'homme qui a traversé toutes les phases de la probation et de l'enseignement sous le contrôle des Adeptes en porte en lui-même les marques ineffaçables. A l'œil ordinaire, inexpert en ce domaine, aucun signe de ce genre n'est perceptible ; mais ceux qui ont la capacité de voir déclarent que ces indications sont parfaitement visibles, et échappent complètement à la volonté de celui qui les porte. (…)

 

L'entraînement imposé au disciple par les instructeurs de l'école à laquelle appartiennent les Adeptes théosophes est très particulier et ne s'accorde pas avec les idées modernes qui prévalent en matière d'enseignement. Dans un certain sens, c'est une illustration spéciale du pèlerinage que l'on fait à un lieu sacré - si commun en Inde - mais ici, la divinité du sanctuaire qui est le but du voyage, c'est l'âme elle-même, car, pour ces Adeptes, l'existence de l'âme est l'un des premiers principes à considérer. (…)

 

Les nations et civilisations naissent et croissent, vieillissent et déclinent, pour finalement disparaître ; mais l'être survit, témoin des innombrables changements de milieu. À partir du grand Tout, jaillissant comme une étincelle du feu central (53), il récolte des expériences dans tous les âges et sous toutes les conditions de gouvernements, civilisations et coutumes, en poursuivant sans cesse son pèlerinage vers le sanctuaire d'où il est venu. Il est tantôt le maître, tantôt l'esclave ; aujourd'hui, au sommet de la richesse et de la puissance, demain, au bas de l'échelle, plongé peut-être dans une misère abjecte, mais toujours le même être. (…)

 

Le disciple de l'Adepte sait que le lieu de pèlerinage symbolise sa propre nature, et qu'il lui montre comment partir à sa recherche d'une façon scientifique, et comment progresser, par quelles routes, et dans quelle direction. Il est censé concentrer dans le champ restreint de quelques existences toute l'expérience et la pratique que l'homme ordinaire mettra d'innombrables incarnations à acquérir. Ses premiers pas, tout comme ses derniers, se font en des lieux difficiles, et souvent dangereux ; à la vérité, « la route monte sans cesse, en lacets escarpés » ; et en s'y engageant, il laisse derrière lui tout espoir de récompense — chose pourtant si commune dans toutes les entreprises. Rien n'est gagné par faveur, mais tout dépend de son mérite réel. Étant donné que le but à atteindre est la capacité de ne dépendre que de soi-même, avec sérénité et clarté de vision parfaites, le disciple est, dès le début, amené à se tenir seul debout ; et, c'est là, pour la plupart d'entre nous, une chose difficile, engendrant fréquemment une sorte de désespoir. (…)

 

Tout comme il est entré seul dans le monde, c'est seul qu'il doit apprendre à y vivre, en le quittant plus tard comme il est venu, en la seule compagnie de lui-même. Toutefois, cela n'engendre aucun égoïsme car, comme cet apprentissage passe par une méditation constante sur l'invisible, la connaissance lui vient que la solitude ressentie se limite uniquement au soi inférieur, personnel et terrestre.

 

Une autre instruction imposée à ce disciple c'est de s'abstenir de tirer gloire de quoi que ce soit, en aucune occasion ; d'où la règle à retenir : si un homme parle de ses pouvoirs, en tant qu'Adepte, ou se vante de son progrès sur les plans spirituels, nous pouvons toujours être sûrs qu'il n'est ni Adepte, ni disciple. (…)

 

Il existe beaucoup de vrais disciples dans le monde, qui se cachent sous des dehors qui n'attirent pas l'attention. Ils étudient leur propre cœur et celui d'autres hommes (56). Ils n'ont pas de diplômes, mais il y a en eux une conscience de l'aide constante apportée par la vraie Loge, et une claire connaissance de ce qu'est cette Loge, qui se réunit dans un réel secret et ne se trouve jamais mentionnée dans aucun annuaire. Toute leur vie n'est qu'une recherche ininterrompue sur la trace de l'âme au vol rapide – elle qui, sous des apparences immobiles, peut aller plus vite que l'éclair ; et leur mort n'est qu'un nouveau pas en avant vers une connaissance plus vaste, qui sera gagnée dans des corps physiques meilleurs, au cours d'existences nouvelles. (…)

 

Les « Frères disciples » Krishna Dasa, Revue Théosophie Volume VIII, R 10

 

Dans la ronde incessante des jours, des années qui s’enfuient, les hommes regardent, lassés, la fuite des heures, incapables de retenir ce qui a fait, peut-être, le charme, le parfum des jours disparus ; l’AMITIÉ. Nous allons tous vers l’inéluctable fin de notre vie terrestre, car « ce qui est né doit mourir », sans essayer de garder en nous le dépôt sacré de l’Amitié.

 

Et pourtant, comme le disait H.P. Blavatsky, c’est dans cette vie que les « amitiés sont nouées pour l’éternité », car « ce qui est mort doit renaître » !

 

Nous cherchons des amis et nous ne les trouvons pas ; ou si nous en trouvons, nous les abandonnons parce que leur caractère ne nous plaît pas. Essayons de comprendre les devoirs de l’Amitié, selon les Principes de la Religion-Sagesse.

 

Le choix des amis est un art difficile. Il y a des amitiés célèbres qui semblaient être nouées pour l’éternité et qui se sont rompues sous la poussée des courants tumultueux de la vie passionnelle. Au début d’une amitié, nous disons à celui ou à celle que nous aimons : « Tu es mon seul Ami » ! Mais, que viennent les troubles, les reproches, le « seul Ami » disparaît de notre horizon. Nous avons exigé de lui des vertus héroïques que nous ne possédions pas nous-mêmes, ou nous n’avons pas su voir en lui les qualités qui s’y trouvaient.

 

Pythagore, dans les Vers Dorés, disait :

Choisis pour ton ami, l’ami de la vertu ;

Cède à ses doux conseils, instruis-toi par sa vie,

Et pour un tort léger ne le quitte jamais.

 

Ces vers nous montrent toute la grande symphonie de l’Amitié, celle basée sur l’Amour qui soutient, protège, réconforte et donne, et non sur la fragilité d’un amour sentimental qui prend sans donner.

 

L’Ecclésiaste nous donne une autre leçon sur l’Amitié : « N’abandonnez pas le vieil ami auquel le nouveau ne ressemblera pas ». Les amitiés saintes sont rares. Elles sont les fruits du Temps. Il faut avoir vieilli dans l’amitié et dans la pratique des plus nobles vertus pour apprécier l’ami, le compagnon de route de la vie. Le « vieil ami » est celui qui a souffert avec nous, qui s’est réjoui avec nous, qui s’est avancé avec nous vers l’Idéal de la Sainteté et du Service. Alors seulement pouvons-nous lui dire gravement : « Tu es mon seul ami ».

 

Mais, qui peut se faire gloire de posséder une telle amitié ? Celui qui a été à la rencontre du SEUL AMI qui est dans le cœur de tous les hommes. Oh ! Certes, il est bien difficile à trouver cet Ami, ce Compagnon Eternel. Il faut abandonner beaucoup de choses pour Le rencontrer. Le rencontrer ! Pouvons-nous imaginer ce que peut être cette Rencontre ? La rencontre du SEUL AMI, c’est le moment solennel où nous sentons en nous le Pouvoir de la Vie. C’est la grande Conversion de l’homme au Dieu intérieur. Elle s’accomplit dans tout être qui a dit un adieu définitif à la vie ordinaire pour vivre la vie extraordinaire de l’Esprit. Cet adieu peut venir lentement ou soudainement, mais il est toujours accompagné de souffrances : la douleur de celui qui chasse l’Ombre pour se revêtir de Lumière. Ceux qui ont accepté d’entrer sur le « champ de bataille » d’où l’on ne revient plus, car il faut vaincre ou mourir, savent que la « lutte entre les vivants et les morts », entre le Moi Divin et le moi inférieur, est une lutte sévère, sans merci. Cependant, elle seule conduit à la Rencontre du SEUL AMI.

 

Lentement, lentement, dans cette métamorphose, l’Ombre s’évanouit. Une faible lueur jaillit. Elle fait fondre déjà les glaces qui se sont amoncelées dans les hivers du cœur…La Lumière grandit, et la suavité de la Paix enveloppe l’Ame. Tels sont les signes annonciateurs de ce qui vient. L’Ame, dans une ardente élévation, veut davantage. Elle s’avance au-delà de ses désirs, de ses émotions, au-delà même de ses pensées. Une transformation s’opère en elle. C’est un réveil, c’est aussi une plénitude : l’AMI est descendu dans le Sanctuaire de l’Ame. La Rencontre à eu lieu. L’Ame se voit investie d’une force nouvelle, et dans l’aspect inférieur de son être, c’est l’apaisement : la Lumière a refoulé l’Ombre. Cette dernière reviendra encore, car grand est son pouvoir, mais, pour l’instant, elle est vaincue, et l’Ame peut goûter la félicité sans mélange de l’Ami, du SEUL AMI.

 

Alors, nous pouvons comprendre ces mots de la Gîta, quand Shri Krishna nous dit : « Je suis la voie, le soutien, le seigneur, le témoin, la demeure, le refuge, l’ami. » Oui, Krishna, le Seigneur Mystérieux dans le Cœur, est bien l’AMI qui aide qui réconforte, qui nous soutient dans les heures d’angoisses. Il est le Seigneur qui comprend, car Il est la Sagesse. Il est le Seigneur qui pardonne, car Il est la Loi Miséricordieuse qui ajuste l’effet avec la cause. C’est à Lui que nous devons aller durant chaque heure qui s’écoule : le matin en nous éveillant, dans la journée au cours de notre travail quotidien, le soir quand tout s’apaise et s’endort. Et c’est Lui qui nous fait comprendre qu’Il repose dans tous les cœurs, qu’Il est la sève éternelle dans l’Arbre toujours vert de la Vie, et Il nous murmure ces mots déjà entendus et souvent incompris : « Tu aimeras les hommes comme s’ils étaient tes frères-disciples, les élèves d’un Maître, les fils d’une douce mère »

 

« Les Frères-Disciples », les « élèves d’un Maître » !... Quels sont-ils ?

 

Les Frères-Disciples sont ceux qui gravissent le Sentier de la Sagesse, sous l’observation des Grands Gourous, des Maîtres de Compassion. Ils ont appris et ils apprennent continuellement que ce qui blesse l’un affecte l’autre. La souffrance d’un compagnon réagit sur le cœur de tous les autres compagnons. Ces frères-disciples s’efforcent, dans toutes les circonstances, de s’éviter entre eux l’ombre la plus légère, celle qui pourrait obscurcir le           sentier d’un autre. Ils ne se critiquent jamais. Ils vivent dans la coopération en vue du dur et noble travail à accomplir ; celui de transmettre les vérités éternelles. Ils sont charitables envers leurs faiblesses. Mais les fautes commises sont redressées avec un amour juste et fort par les plus sages. Car, l’amitié entre les frères-disciples n’est pas de la sentimentalité, mais elle est soumise à une obéissance absolue à la Loi du Devoir, aux règles immuables de la Vie Spirituelle, obéissance qui ne connaît pas de favoritisme. Enfin, les frères-disciples ne recherchent pas la gloire personnelle. Ils font le travail du Maître, sans souci de la louange. Ils étudient inlassablement le Message éternel. Ils accomplissent leur tâche dans n’importe quelle condition, mauvaise ou bonne : dans la maladie comme dans la santé, dans les soucis journaliers comme dans les facilités de la vie, dans la pauvreté comme dans la richesse. Ils savent travailler dans le moment présent, sans attendre des occasions plus favorables qui ne viendront peut-être jamais dans cette vie. Et leur plus grand sujet de joie est de trouver dans le monde non pas celui auquel ils peuvent dire : « Tu es mon seul Ami », mais ceux auxquels ils disent : « Vous êtes mes seuls Amis » ; c'est-à-dire le plus grand nombre possible d’êtres, tous ceux qui sont susceptibles d’aller à la recherche du SEUL AMI qui est dans le cœur. Telles sont quelques-unes des caractéristiques des Frères-Disciples, des élèves des Maîtres de Sagesse : celles que nous devrions essayer de posséder.

 

Seuls ceux qui ont déjà gravi tant soi peu les premières pentes de la Montagne sainte, l’Himavat sacré, peuvent comprendre combien ces liens entre les Frères-Disciples du Sentier sont des liens éternels et bénis, liens cimentés par la souffrance, la joie et le service. Sur ces choses, le silence est mieux. Il faut les vivre.

 

Ainsi, nous voyons que le saint trésor de l’Amitié humaine n’est que l’écho de l’Amour Divin de l’Ame pour le Seigneur Immortel : Ishvara, Dieu en nous, Krishna, le Christ !

 

Et quand nous irons vers nos amis, ou quand nous les recevrons dans notre demeure, car celle-ci doit être pour tous un refuge de paix – essayons de donner, car ce que nous avons appris dans le silence, donnons-leur sans réserve l’amour qui aide, la sagesse qui soutient, et la miséricorde qui donne la confiance. C’est peut-être le seul moyen pour nous de trouver dans nos amis le SEUL AMI, et pour les aider eux-mêmes à Le découvrir.

 

 

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