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Qu’est-ce qui survit après la mort ? R. Crosbie, C.T. 182

Jour après jour, et sans cesse, nous sommes confrontés au fait que nous sommes tous sujets à la mort. Quelle que soit notre vie, qu’elle se solde pour nous par l'échec, ou le plus grand succès possible aux yeux du monde, elle se termine par la mort. Aussi sûrement que nous avons connu la naissance, il y aura aussi pour nous la mort. Chacun sait que, tôt ou tard, la mort sera son lot ; mais que sait-il de l'« après mort » ? Qu’est-ce qui survit, le cas échéant ? Les religions que nous avons pratiquées ne nous donnent aucune sorte d'indication sur cette question essentielle ; la science matérialiste ne nous propose aucune solution ; ainsi, nous n'avons rien reçu de la religion ni de la science, pour nous soutenir lorsque le grand conquérant de tous les corps humains nous apparaîtra. Y a-t-il le moindre espoir au monde que ce que nous faisons se révèle de quelque valeur après la mort ? Que nous puissions ou non répondre à cette question avant que la mort nous trouve, nous serons quand même confrontés à elle. Le moment viendra.

S’il existe une solution quelconque aux problèmes posés par la mort, il faudrait pouvoir la saisir pendant la vie, si elle doit avoir une valeur quelconque pour nous, êtres humains. Il faut que ce soit une solution raisonnable, suffisamment évidente pour nous, tels que nous vivons actuellement, si nous devons être convaincus qu'elle est correcte. Il nous faut comprendre clairement le sens des faits de la vie, avant de pouvoir accepter une explication quelconque de ce qui doit se produire après la mort. Si nous comprenons la signification de la naissance, le pourquoi de notre présence active ici-bas, dans des corps, le pourquoi de toute la vie manifestée, alors nous pourrons répondre à nos questions, et savoir pourquoi nous passons si peu d'années dans une existence physique donnée, savoir où sont maintenant nos amis, nos parents, nos grands-parents qui vécurent comme nous mais sont maintenant décédés ; savoir de même si la vie a cessé pour eux et, par suite, si elle doit jamais cesser pour nous.

Dans la vie de l’homme, il y a une constatation qui devrait guider notre réflexion : le fait de la loi qui régit tout ce que nous faisons. N’est-ce pas notre connaissance, notre perception de la loi, qui nous permet de commander aux éléments naturels ? Nous maîtrisons les divers éléments et substances par la compréhension de la loi qui les fait agir. Nous savons que la loi de l’action et de la réaction prévaut dans la nature et nous constatons partout cette loi de causalité. Mais ignorons-nous que cette loi régit également notre être même ? Nous savons que le corps obéit à une loi pour se développer de la conception à la naissance, puis de la naissance à la maturité, à laquelle fait suite un déclin progressif. De même que, pour l’homme, existe un cycle de naissance, de jeunesse, de maturité, de déclin et de mort, de même il y a dans la nature toute une succession d’événements qui s'imposent à nous comme une loi universelle. Le matin, le midi et le soir sont suivis d’un nouveau matin ; au printemps, à l’été, à l’automne et à l’hiver fait suite un nouveau printemps. Nous devrions donc être capables de nous rendre compte que, comme dans la nature, notre présente naissance a dû venir dans l'ordre normal, à la suite d'une mort précédente, et qu'ainsi nous devrons revenir, encore et encore, faire un séjour sur terre, tout comme nous revenons régulièrement à la vie de veille après chaque nuit. Nous avons dû passer par un grand nombre d'existences pour atteindre notre naissance actuelle, mais cela aussi a dû être le fait de la loi. Nous avons le choix entre la loi et le chaos. Il est impossible que la loi règne ici, et le chaos ailleurs. De deux choses l’une : ou bien tout obéit à la loi, ou bien tout est chaos. Toute notre expérience démontre que c’est la loi qui prévaut, et la conclusion qui s’impose c’est que la loi régit toute chose, et en toute circonstance. C’est pourquoi la loi doit régner des deux côtés de la mort.

Mais cette loi nous est-elle imposée par quelque Être puissant ? Si c’était le cas, il n’y aurait plus aucun espoir pour nous. Et qui sommes-nous, qui agissons sous le coup de cette loi qui englobe tout ? Si nous ne sommes qu'un corps, nous ne sommes que de petits êtres limités. Si tout ce qu'il y a de vie est ce que nous ressentons et expérimentons dans notre corps, alors la vie n’est rien. Un peu de réflexion suffit toutefois à nous convaincre que nous ne sommes pas notre corps. Nous savons qu'il subit de continuels changements, depuis la naissance jusqu'à l'instant présent, et que ces changements se poursuivront toujours jusqu’à ce qu’il disparaisse, alors que nous-mêmes restons identiques. C’est le même « je » qui a été un enfant, un adolescent, un adulte et un vieillard. Son identité n’a absolument pas changé à travers toutes les transformations du corps qu'elle a éprouvées. Nous ne sommes pas non plus notre mental, comme tant de personnes le pensent. Notre mental n’est qu’un certain agrégat d’idées en rapport avec la vie, et nous sommes forcément supérieurs à ce mental puisque nous pouvons le transformer. Et il n'y a pas non plus de limite imaginable à cette transformation. Quelle que soit la somme de connaissances que nous acquérions, nous pouvons toujours continuer d’apprendre ; quel que soit le type de notre mental, nous disposons d’un pouvoir illimité pour l’enrichir encore. Si l’on doute de l’existence de quelque chose qui serait supérieur au mental, on n’a qu’à constater que le fait même de douter, l’expression même de ce doute, est la preuve d’un acte et d’une intention qui dépassent ce concept. Nous pourrions refuser absolument de penser, sans cesser d'exister. Pour nous trouver, il nous faut chercher plus profondément que le mental et le corps. Tous deux ne sont que des instruments que nous utilisons.

Dans ce cas, que pouvons-nous bien être ? Il y a en nous ce qui vit, pense, est la vie elle-même ; qui engrange toute expérience, et ne change absolument pas en soi-même. Cet être est plus infime que l’infime, comme l'ont dit les Anciens ; plus immense que l’immensité. On ne peut le peser ni le mesurer, ni encore dire où il est, ni où il n'est pas ; et c'est cependant la chose unique en nous – notre soi véritable – qui nous permet d'avoir toute expérience, toute idée ou combinaison d'idées. Appelez-le Esprit, si vous voulez. Appelez-le Vie, ou encore Conscience – car nous savons bien que nous ne pourrions avoir aucune expérience à moins d'en être conscients. Les Anciens ont déclaré : « L'Âme est le Perceveur ; elle est assurément Vision elle-même, pure et simple, non modifiée, et elle perçoit directement les idées ». L’Esprit voit l'idée, et les actions découlent des idées adoptées. Les différences qui existent entre nous sont dues à notre mentalité, et elles dépendent du genre et de la qualité des idées. Mais nous sommes tous issus d’une même Source ; nous avons tous une base commune, une même nature essentielle, qui est précisément l’Esprit et la Vie elle-même.

Nos jours et nos nuits offrent une illustration du fait que nous pouvons abandonner le corps, nous pouvons partir de ce corps, et cependant continuer d'exister. Quand nous sommes éveillés, dans la journée, nous agissons extérieurement par le biais des organes du corps qui servent à transmettre et recevoir des impressions. La nuit, cette activité cesse : il est dit alors que nous dormons. Mais comment pouvons-nous savoir que nous sommes conscients pendant ces heures de la nuit ? Parce que, à l'état éveillé, nous pouvons dire : « J'ai rêvé », sans mettre aucunement en doute notre identité pendant le rêve. Nous y étions également conscients de disposer de tous nos sens ; avec, apparemment, le pouvoir de nous mouvoir. Malgré l'état endormi du corps dans la condition que nous appelons le sommeil profond, nous étions encore des êtres vivants, agissants et conscients. Il n’est probablement pas difficile de concevoir que nous sommes également conscients pendant la plus grande partie du repos nocturne passée dans ce que l’on appelle le « sommeil sans rêve » du corps ; que notre activité y est d’une nature plus élevée et plus subtile que pendant l’état de veille ; qu’il est possible de conserver un contrôle conscient sur cette activité – d’en ramener dans notre cerveau, utilisé pendant la journée, la mémoire de toute action sur chaque plan intérieur de l’être. L’âme – l’Homme Réel – avec toutes ses expériences passées, est parfaitement éveillée quand le corps est endormi. Pour l'âme, le temps de la nuit c'est le temps du jour du corps. Toutefois, c'est seulement dans des cas exceptionnels qu'un être humain sait qu’il est conscient en permanence ; que cette Conscience ne peut jamais s’arrêter. Et cependant, chacun peut saisir par lui-même que si la Conscience cessait à un moment quelconque, il serait impossible qu’elle recommence jamais. Nous pouvons constater la continuité de la conscience dans le fait que nous sommes capables de reprendre, chaque jour de notre vie, l’activité de la veille et des jours précédents.

La Théosophie est présentée afin de démontrer que tout homme peut atteindre cette pleine conscience continue du temps du jour, qui opère à travers le corps. Que signifierait la mort pour nous, si nous avions une telle conscience ? Rien d'autre qu'un sommeil. Mourir ne serait qu'abandonner le corps devenu inutile pour nous. Nous saurions que la mort ne pourrait pas plus nous affecter que le sommeil ne nous atteint ; et qu'ainsi, tout comme notre conscience est permanente, que le corps soit éveillé ou endormi, il n'y a aucune interruption pour nous quand le corps vient à mourir.

Qu’est-ce donc qui survit après la mort ? L’homme lui-même, avec toutes ses tendances, toutes ses expériences. Le Penseur, l’Âme, voilà ce qui survit, ce qui ne peut jamais s’éteindre, ce qui ne peut jamais soi-même souffrir, être impliqué ; ce qui est toujours de sa propre nature, quelles que soient les conditions où un homme puisse se trouver plongé au même instant. Conditions de joie ou de souffrance, elles ont forcément une fin ; alors que l'Être Un, qui se réjouit, souffre et éprouve des sentiments, ne change absolument pas. Ce qui survit à tout est notre soi véritable – tout ce que nous désignons par nous-mêmes – le soi qui veille, qui rêve, qui se réjouit, et passe dans divers états, à travers tous les mondes. Disons que cette vie est un rêve où nous avons nos souffrances et nos joies. Lorsque nous allons nous éveiller, nous aurons d'autres expériences, mais c'est ce quelque chose de permanent en nous qui s'attire chacune des expériences ; entrant dans un champ d'activité ou un autre, il récolte de l'expérience selon les tendances qu'il a lui-même engendrées sur ce plan de l'être. Ainsi l'homme n'a d'autre expérience sur la terre que celle qui lui revient en propre, celle qu'il a intégrée à son action sur cette terre. La loi d'action et de réaction, de cause et d'effet, qui fait qu'on récolte ce qu'on a semé, est ainsi sa propre loi.

Qu’est-ce qui survit ? nous survivons, en tant qu’êtres conscients, avec tous nos pouvoirs de perception, avec tout ce que nous avons pu gagner – et il en sera toujours ainsi. Il n'y a pas d'interruption finale pour nous. Les corps s'usent au cours d'une vie, comme nous le savons, et deviennent invalides et inutilisables. Serait-il sage de souhaiter demeurer dans de tels corps ? Non : l'âme requiert un meilleur instrument. Nous détruisons la vieille demeure pour en construire une meilleure – ou peut-être une pire, ne l'oublions pas. Si nous sommes égoïstes et n'œuvrons que pour notre corps physique, si nous sommes hostiles envers nos compagnons, nous recevrons dans un corps le résultat de notre démarche égoïste. C'est une affaire de loi, non de sentiment. Ce n'est pas des comportements de nos semblables que nous souffrons, mais du mal que nous avons semé, et qui, en nous revenant, nous frappe de plein fouet. Tant que l'homme n'aura pas assumé son héritage, et réalisé que tout le cours de l'évolution met en œuvre les lois de justice, il ne fera pas le premier pas vers le véritable progrès, qui conduit à l'immortalité consciente.

 

Les morts peuvent-ils communiquer ? R. Crosbie, C.T. 182

Depuis les années 1840, les spirites ont donné une réponse affirmative à cette question, et prétendent disposer de preuves suffisantes en faveur de la survie de l’intelligence après l’état qu’on appelle la mort. Mais le spiritisme n’est pas né d’hier. Il y a plus de cinq siècles, et dans tous les âges de l’humanité, on a pratiqué ce qu’on appelle [en Inde] le culte des bhûta, c’est-à-dire des « esprits » des morts. Le spiritisme d'aujourd'hui n’est que la répétition d’une erreur du passé, même si sa résurrection s’est produite parmi ceux qu’on pourrait qualifier d’intelligences supérieures, chez de « profonds penseurs » et des hommes de science. Les « communications » actuelles, comme celles qui ont eu lieu tout au fil des siècles, n’ont en elles-mêmes rien qui soit d’une nature authentiquement spirituelle ; elles sont physiques au dernier degré, comme en témoigne celle qu'a faite à Sir Oliver Lodge son fils Raymond (par l’entremise d’un médium, notez-le bien). Selon la déclaration de ce fils, sa vie après la mort est très semblable à celle qu’il a quittée : les gens y boivent, fument des cigares et, en fait ( ?), ils ont des cigares fabriqués pour eux, dans des « manufactures employant des esprits », avec des produits pour cigares appartenant à leur état de matière. Qu'il s'agisse là d'une communication « spirituelle », chacun est bien libre de le croire, mais elle tend seulement à montrer qu'après avoir quitté la vie physique, nous ne sommes pas nécessairement dans un état spirituel – comme on le suppose généralement.

Il s’agit de savoir ce que nous pouvons apprendre de telles « communications ». Y a-t-il, y eut-il jamais quelque chose en provenance de ce plan des communications spirites qui soit d’une quelconque utilité pour l’humanité ? Cette source nous a-t-elle jamais révélé quoi que ce soit du grand objectif pour lequel nous sommes ici-bas ? Nous instruit-elle du sens de la vie, ou de la raison de tant d'injustices apparentes dans le monde ? Nous informe-t-elle sur les guerres à venir, et le moyen d'éviter la menace de diverses grandes catastrophes ? Nous explique-t-elle la nature des rapports entre tous les êtres de ce monde, ou leur cause commune ? Nous montre-t-elle la nature du devenir des êtres qui sont plus élevés que nous, ainsi que celle des êtres inférieurs ? Ou encore, pourquoi et comment ce système solaire est venu à l’existence, et quelles sont les lois qui le régissent ? Non, rien de tout cela. Ce sont là pourtant des sujets que nous aurions besoin d'élucider, mais nous ne disposons, comme base de réflexion à leur propos, que de toutes sortes de communications divergentes des soi-disant « esprits ». Ce sont justement ces divergences qui devraient nous faire comprendre qu'il n'existe dans ces régions aucune source de connaissance. Ce qu'il nous faut ce n'est pas ce que peut dire tel ou tel esprit, ou qui que ce soit d'autre, sur un sujet quelconque, mais c'est un exposé raisonnable, logique et juste présentant des lois que toute personne soit capable d'éprouver et vérifier par elle-même.

Considérons la façon dont la Théosophie expose comment l'homme est devenu ce qu'il est, l'histoire réelle de l'évolution, par des progrès acquis par l'observation et l’expérimentation, au cours des longs âges qui se sont écoulés. La base de cette évolution est la même dans chaque être humain, dans chaque cœur humain, dans chaque vie animale, dans chaque particule de matière : le même Esprit en tous, la même Vie Une, l’Unique Intelligence. Tous sont des rayons de cette Vie Une, de cette Intelligence Unique, et tous expriment les possibilités existant dans la Source Infinie. Les différences entre les êtres, les humains, les diverses races, révèlent toutes des degrés particuliers d’intelligence : chacun dispose en effet du même pouvoir que l’être le plus élevé, et du même pouvoir que tous les êtres ; c’est l’utilisation faite de ce pouvoir qui produit un instrument capable de le manifester plus ou moins complètement. L’Évolution c'est l’Esprit s'exprimant lui-même, que ce soit dans ce système solaire, ou dans ceux qui l’ont précédé. L’intelligence était présente, pendant la naissance de notre planète, dans sa condition de nébuleuse, ou de brouillard de feu ; et aussi bien, durant les processus de refroidissement et de durcissement qui se sont étendus sur de longues périodes. Dans toutes ces phases, comme dans toutes les substances liées à notre planète, nous aussi avons existé, en tant qu’êtres spirituels, et rien de tout cela ne nous a quittés aujourd’hui. À la fin de chaque existence, nous repassons par tous ces stades jusqu’au plus élevé, puis nous redescendons au niveau terrestre, afin de récolter les effets des causes mises en œuvre autrefois dans d’autres corps. La mort n’a en effet aucun pouvoir de transformation : l’arbre reste dans la position où il est tombé. C’est pendant la vie que nous devons reconnaître et éveiller notre nature authentique. La mort n’ouvre aucune porte vers la connaissance.

La preuve de ces divers états de conscience se révèle directement dans notre expérience nocturne. Lorsque nous dormons – bien qu’en fait nous ne dormions jamais – seul notre corps est endormi, et la conscience de ce plan physique nous a quittés. Nous n’avons plus aucune idée de ce qui arrive à nos amis, à nos proches ; nous n’avons pas la moindre perception de ce qui se passe où que ce soit sur la terre, alors que nous n’utilisons pas notre corps : c'est la « mort » – une petite mort, temporaire – pour ce corps. Puis nous passons dans un état complètement différent, connu comme l’état de rêve. L’âme humaine continue dans le rêve, en se connaissant comme celui qui est là, qui voit, sent, entend, parle, se déplace et accomplit toutes les autres choses qu’il fait dans son corps, lorsqu’il est éveillé. On disait autrefois que si l’on saisissait le gros orteil d’un dormeur, il se mettrait à vous parler. Vous obtiendriez ainsi une communication d’un « esprit », mais quel genre de communication ? La personne vous parlerait de ce que son propre mental était en train de considérer ; dans son état de rêve, elle n'en saurait pas plus que ce qu'il y a dans ses propres pensées personnelles, ses idées et activités personnelles.

Si on applique cette analogie à ce qu'on appelle le « moment de la mort », on peut comprendre qu’en réalité le moment de la mort n'arrive jamais. Nous finissons par abandonner notre corps, et il retourne à la terre dont il a été tiré ; mais nous ne sommes pas morts. Nous sommes toujours vivants. Nous restons conscients, sur d’autres plans et à d’autres niveaux, bien que nous n’utilisions ni le corps ni le cerveau. Mais quelle sorte de conscience, quelle sorte d'intelligence employons-nous alors ? Exactement la même que celle que nous avions lorsque nous étions dans le corps. Nos pensées, sentiments et désirs continuent pendant un certain temps, comme pendant l’incarnation, en raison de l’énergie que nous avions investie en eux. Comme cette énergie n’est pas renouvelée, elle finit par s’épuiser, et la personne – en tant qu’être spirituel authentique – entre dans un tout autre état, où nul être sur terre ne peut perturber l'action de son intelligence, ni la jouissance de sa béatitude. Comment pourrait-il s’agir d’un état de béatitude si, pendant un seul instant, l'entité pouvait y être troublée par les souffrances qu’elle a laissées derrière elle ici-bas ? Pourrait-il y avoir pire enfer pour l'âme d'une défunte que de voir, de son « paradis », s’apaiser trop vite le deuil d’un mari, et sa place de mère usurpée par une autre ? Il importe de comprendre que lorsqu'un être humain quitte l'existence physique, il passe par une condition ressemblant au rêve (avec des contenus multiples) pour finalement atteindre l'état le meilleur qu'il soit capable de réaliser. Il serait absurde de supposer qu’une entité humaine spirituelle puisse être perturbée par des agissements terrestres, car sa mission humaine s’est terminée au moment où elle a quitté cette terre. Mais elle reviendra dans un autre corps, pour reprendre une autre journée de travail. N’est-il pas évident que toute cette histoire de communications avec de soi-disant esprits ayant quitté leur corps n’est qu’une absurdité ?

N'allons pas imaginer qu'il n'y a que des êtres humains parmi les entités désincarnées, ou que les défunts, ou les morts-vivants, sont les seuls à exister de l'autre côté de notre monde physique. Il existe des myriades de sortes d’êtres qui ne vivent pas dans des corps semblables aux nôtres, mais qui peuplent des plans que les hommes traversent en quittant la terre. Toutes sortes d’êtres, des sous-hommes, ainsi que des élémentaux humains habitent des mondes contigus au nôtre. Peut-on imaginer qu’il soit désirable d’entrer en contact avec eux ? Et comment pouvons-nous jamais être sûrs qu’une quelconque communication extérieure n'établira pas un contact avec quelque esprit démoniaque aimant se travestir, en se revêtissant de restes ayant l'apparence d'un défunt – en raison de son attirance pour la nature et les désirs de ce défunt – et en s'en servant ainsi pour nous ? Il faut une grande connaissance pour comprendre la nature réelle de l’homme : on ne l’acquiert pas par une quelconque « communication », mais en sondant notre propre nature. Le « Père dans le secret » réside en nous, et non à l’extérieur, et tout ce que nous savons, ou saurons jamais doit être trouvé en nous-mêmes et par nous-mêmes. Nous ne le trouverons jamais en le recevant des autres, ou d'aucune autre espèce d'esprit. L'Esprit de Dieu en tout être – le Connaisseur en chacun de nous – est le dernier recours, la plus haute instance, le dernier sommet que nous devions atteindre.

Pour le moment, nous sommes en train de cheminer ensemble à travers la matière de la terre ; lorsque nous quittons cette terre, nous la quittons seuls. De même, lorsque nous voyageons à travers la matière astrale, nous ne sommes pas à converser avec les habitants du plan astral, mais suivons notre propre trajectoire. Les états post mortem ne sont que les effets de notre dernière existence. Nous quittons le lieu de nos efforts pour venir récolter ce que nous avons semé – en rejetant le mauvais, dans un premier temps, puis en expérimentant nos aspirations les meilleures et les plus élevées. Dans tous ces états, chaque être est conscient d'être la même personne ; jamais, un seul instant, il ne lui vient à l’esprit, à la conscience, qu’il puisse être quelqu’un d’autre que celui qu’il était sur terre ; il ignore absolument qu'un événement comme la mort ait pu se produire. Dans son état le plus élevé, il se trouve en compagnie de tous ceux qu'il a aimés, dans les conditions mêmes qu'il aurait souhaitées pour eux. Il connaît sa béatitude, parce que l’équilibre entre les causes et les effets, même pour ses souffrances terrestres, est alors parfaitement ajusté pour l'esprit. Tous ces états sont en nous, et non au-dehors ; ce que nous y rencontrons, du début à la fin, et toujours, c'est nous-mêmes – d’abord, tels que nous pensons être, et finalement, tels que nous sommes réellement.

Il est impossible qu’une personne « décédée » communique avec une personne vivante, si ce n’est peut-être pendant la très courte période précédant le moment où l’individualité réelle rejette les idées qu’elle avait entretenues pendant la vie. Parfois alors, un désir très, très puissant de communiquer quelque chose effectuera une espèce de communication, mais, après la grande transformation connue comme la « seconde mort », toute relation avec la terre est interrompue. Il peut arriver qu'une personne vivante, à l’âme pure, élève sa propre conscience, par ses aspirations et son amour, jusqu’à un état céleste où elle a l’impression de parler, d'éprouver des sentiments et d'être en présence de ceux qu'elle a aimés, mais ces paroles et ces sentiments ne peuvent aucunement troubler l'être qui est à ce niveau. L’essence même de l'état spirituel exclurait toute perturbation, même si nous pouvons accéder aux sortes de sentiments qui existent dans cette condition. Tout ce qu’un médium peut obtenir, ce sont les simples réflexions et répétitions de ce qui s’est produit, et se trouve enregistré dans la nature des assistants. Un médium décrira l’état post mortem d’une personne comme très vivante, ce qui devrait montrer à quel point le médium peut être sujet à la méprise et à l'erreur. Dans l'état passif où il se trouve, il ne peut rien contrôler ; il ne fait que fournir un canal par lequel certaines choses peuvent arriver, ou « transpirer ».

La plupart des interlocuteurs « spirituels » des médiums sont des suicidés et des victimes de morts « accidentelles ». Car il n'y a pas toujours mort quand le corps cesse de vivre. À moins que cette fin ne coïncide avec l'expiration de la durée de vie, qui est déterminée dès la naissance, l’homme reste relié à la terre jusqu’à l'échéance de ce terme.

Mais il existe des cas de communication avec des êtres de l'univers – situés presque aux limites de notre monde – qui ne sont pas dans des corps physiques, mais qui vivent et se meuvent sur un autre plan de substance très, très loin de tout rapport possible avec un médium ordinaire. On les appelle les Nirmânakâya. Ce sont des hommes qui, par le degré de perfection qu'ils ont atteint pourraient, s'ils le souhaitaient, accéder à l'état de béatitude le plus élevé, et y demeurer, mais qui y renoncent, car cela impliquerait d'abandonner à jamais toute chance d'aider leurs semblables. Lorsqu'une personne est sincère et a des aspirations élevées, ils peuvent, si nécessaire, communiquer avec elle, afin de l'aider. Mais il n'y a aucune confusion possible à propos de ces communications : elles sont personnelles et destinées à cette personne, comme une aide directe. C'est ce qui est à l'intérieur de nous qui induit l'aide extérieure que nous pouvons recevoir. C'est la reconnaissance de la nature spirituelle de notre être, et de tous les êtres, qui en constitue la véritable condition. C'est du spirituel que provient toute force authentique. Et c'est pour le perfectionnement de l'humanité qu'ont œuvré toutes les Incarnations Divines.

Horizons Théosophiques - Lettre N° 32 - Quels liens entre les vivants et les morts ? (Extraits)

Résumé du processus de la mort

« Par suite de la séparation naturelle des principes, provoquée par la mort, l'homme entier se trouve en trois parties.

« Premièrement : le corps visible qui, avec tous ses éléments, est abandonné sur le plan terrestre où il poursuit sa décomposition, et où tout ce qui est composite se désagrège et restitue avec le temps les éléments aux différents domaines physiques de la nature.

« Deuxièmement : le kamarupa (composé du corps astral et des passions et des désirs) qui, sur le plan astral [en cas de mort naturelle], commence aussitôt à se désagréger. [La séparation entre le kamarupa et la triade supérieure, n’est pas immédiate dans le cas des victimes de morts accidentelles, meurtres, suicides et exécutions par peine capitale : ces entités restent dans le kama loka, le lieu astral intermédiaire, en attente de la seconde mort qui est le moment de la séparation naturelle des principes].

« Troisièmement : l'homme réel - la triade supérieure Esprit-Âme spirituelle-Mental [Atma-Buddhi-Manas] - non sujet à la mort, maintenant hors des conditions terrestres et privé de corps, commence à fonctionner en devachan [état de béatitude] uniquement comme un mental revêtu d'un vêtement très éthéré, dont il se dépouillera quand sonnera l'heure de son retour sur terre. » - Extraits de l’Océan de Théosophie, de W.Q. Judge, pp. 32, 50, 105.

L’attente de la seconde mort et la cohésion des principes

« Les suicidés et ceux dont la vie est soudainement fauchée par un accident, par un meurtre légal ou illégal, demeurent en kama loka jusqu'au terme de ce qu'aurait été leur vie si elle n'avait pas été subitement tranchée. Ils ne sont pas réellement morts. Pour qu'il y ait mort normale [c.-à-d., naturelle], il faut l'intervention d'un facteur qui n'est pas reconnu par la science médicale. Les principes de l'être, tels qu'ils ont été décrits dans d'autres chapitres, sont affectés d'une cohésion qui a son propre terme dans le temps, et, ce terme naturel atteint, ils se séparent les uns des autres en suivant leurs propres lois. Cela soulève la grande question des forces de cohésion de l'être humain, question qui à elle seule nécessiterait un volume. […] Cette loi de cohésion agit sur les principes humains. Avant cette fin naturelle, ces principes sont dans l'impossibilité de se séparer. Il est évident que, sauf en ce qui concerne le corps physique, la destruction normale de la force cohésive ne peut être provoquée par des procédés mécaniques. Par conséquent, un suicidé ou une personne tuée par accident, assassinée par un homme ou par ordre de la loi humaine, n'a pas atteint le point où ses autres constituants perdent naturellement leur cohésion, aussi est-il précipité en kama loka en état de mort partielle. Là, les principes qui subsistent doivent attendre que le véritable terme naturel de la vie soit atteint, qu'il s'agisse d'un mois ou de soixante ans. » - Extraits de l’Océan de Théosophie, de W.Q. Judge, p. 113.

Les liens entre les vivants et les morts

Les communications avec les morts

La Théosophie déconseille une communication comme on peut en rechercher dans le spiritisme, ou d’autres techniques, car la plupart du temps c’est avec le cadavre psychique que l’on entre en contact et non l’individu spirituel. Parfois, juste après la mort, c’est avec cette âme que l’on communique mais elle peut en souffrir.

Il s’agit donc de ne pas essayer de « faire descendre » les décédés mais de penser que pendant la nuit, durant le sommeil profond, c’est nous, en tant qu’âmes, qui « montons » rejoindre nos êtres chers et que nous communions avec eux dans cet état béatifique appelé le devachan.

Dans cet état devachanique les âmes des défunts épanouissent les idéaux auxquels elles ont aspiré durant leur vie terrestre, et elles assimilent le meilleur de ces aspirations avant de se réincarner. Dans cet état l’amour trouve toute sa force, sa pureté et sa générosité. Il peut d’ailleurs exercer une sorte de protection sur les vivants ainsi aimés.

Les décédés n’ont pas conscience d’être morts ni de ce que nous faisons sur terre. Seul leur amour et leurs idéaux rayonnent. C’est pour eux une période de repos, proche de notre nature profonde, spirituelle.

 

Les liens naturels du cœur

« Il n'existe guère d'être humain dont l'Ego ne communique pas librement, pendant le sommeil du corps, avec ceux qu'il a aimés et perdus, l'être, une fois réveillé, ne conserve dans sa mémoire aucun souvenir de cette communication, sinon sous une forme très confuse, semblable à un rêve, par suite du caractère positif et non réceptif de son enveloppe et de son cerveau physiques. […] « Nous sommes avec ceux qui sont morts et que nous avons perdus dans la forme matérielle, et beaucoup, beaucoup plus près d'eux maintenant que lorsqu'ils étaient en vie. Et ce n'est pas seulement dans l'imagination de l'être en devachan, comme certains pourraient le penser, mais dans la réalité des choses. Car le pur amour divin n'est pas simplement l'efflorescence d'un cœur humain, mais il a ses racines dans l'éternité. L'amour saint et spirituel est immortel, et karma amènera tôt ou tard tous ceux qui se sont aimés d'une telle affection spirituelle à s'incarner une fois de plus dans le même groupe familial. De plus, nous disons que l'amour étend son influence au-delà de la tombe, bien que vous puissiez le qualifier d'illusion, et possède un pouvoir magique et divin qui réagit sur les vivants. L'Ego d'une mère, rempli d'amour pour les enfants imaginaires qu'il voit auprès de lui, coulant une vie de bonheur, aussi réelle pour lui que lorsqu'il était sur terre — cet Ego fera toujours sentir son amour à ses enfants vivants. Cet amour s'exprimera dans leurs rêves, ainsi que dans maintes circonstances variées — sous forme de protections et de secours providentiels, car l'amour est un bouclier puissant et n'est limité ni par l'espace, ni par le temps. Et, ce qui est vrai de cette « mère » dévachanique l'est tout autant des autres relations et attachements humains, pourvu qu'ils ne soient pas purement égoïstes ou matériels. L'analogie vous suggérera le reste. » ‒ La Clef de la Théosophie, pp. 43, 165-6.

Ceux qui sont retenus dans l’atmosphère terrestre

« Le questionneur : En aucun cas vous n'admettez donc la possibilité d'une communication entre les vivants et l'esprit désincarné ?

Le Théosophe : Si, il existe un cas, et même deux exceptions à cette règle. La première concerne les quelques jours qui suivent immédiatement la mort d'une personne, avant que l'Ego ne passe dans l'état dévachanique. Mais, que des vivants aient jamais tiré un grand bénéfice du retour de l'esprit au plan objectif est une autre question. Cela peut se produire, toutefois, dans des cas tout à fait exceptionnels, lorsque l'intensité du désir éprouvé par le mourant de retourner sur terre pour y accomplir quelque dessein force la conscience supérieure à rester éveillée ; c'est alors réellement l'individualité, l' « Esprit », qui entre en communication. Après la mort, l'esprit tombe dans un état d'hébétude, et s'enfonce très vite dans ce qu'on appelle « l'inconscience pré-dévachanique ». La seconde exception est celle des Nirmânakâya, [ces êtres spirituellement avancés et libérés du cycle des réincarnations] qui, par pitié pour le genre humain et pour leurs frères qu'ils ont laissés sur terre, renoncent à l'état nirvânique [de béatitude céleste], bien qu'ils aient acquis le droit au nirvâna et au repos cyclique […]. Ils restent dans la vie astrale en rapport avec notre sphère. Ils peuvent communiquer, et le font en effet, avec quelques élus mais assurément pas avec les médiums ordinaires.» ‒ La Clef de la Théosophie, pp. 166-7.

 

Les défunts peuvent-ils communiquer ?

« Une partie importante de l’œuvre de Mme Blavatsky a été consacrée à une intervention directe dans la grande vague du spiritisme, pour dénoncer les explications fantaisistes des adeptes de la table tournante, et proposer une optique radicalement différente de l’âme humaine et de son devenir posthume. […] On ne peut pas écrire : « Oui, le dialogue avec l’au-delà est possible », sans entrer aussitôt dans une foule de réserves et limitations, qu’on ne saurait à aucun prix passer sous silence. Voici quelques remarques sur ce « oui, mais… » :

- « Dans l’intervalle entre la première mort [la mort physique] et la seconde [la séparation des principes inférieurs des principes spirituels] c’est oui (très rarement), pour un dialogue semi-objectif avec un décédé.

- « Entre la seconde mort et la renaissance [c.-à-d. pendant la période de béatitude spirituelle du devachan], c’est oui, pour un dialogue très subjectif, d’âme à âme, vécu dans le langage des rêves ou d’une vision.

- « Mais il est toujours difficile de savoir réellement à quoi on a affaire : selon le cas, la communication s’établit avec ce qui survit de la conscience du défunt et sa mémoire, ou bien avec ses restes psychiques (coque astrale abandonnée à la seconde mort), ou encore avec la mémoire astrale de la psychosphère terrestre (ou celle d’un proche du défunt), les souvenirs étant alors mis en forme et utilisés par la psyché vivante du sensitif.

- « Mais les cas anormaux et authentiques sont exceptionnels (voir La Clef de la Théosophie, p. 166) : ils peuvent se produire dans les quelques jours qui suivent immédiatement la mort, ou encore « lorsque l’intensité du désir éprouvé par le mourant de retourner sur terre pour y accomplir quelque dessein force la conscience supérieure à rester éveillée ; c’est alors réellement l’individualité, l'« Esprit », qui entre en communication. »

- « Mais le commerce avec le monde obscur de l’astral, dans ses couches inférieures, est sans profit pour les vivants ; il est même extrêmement dangereux pour le médium et ses assistants qui y perdent leurs énergies et qui risquent une grave contagion intérieure […].

- « Mais le sursis de vie accordé par les vivants aux « âmes souffrantes » (suicidés, …), loin d’être une aide, est un cadeau empoisonné pour ces entités : en leur offrant les moyens de s’attarder près de la terre, et de jouir à nouveau de ses plaisirs illusoires, le médium accroît les souffrances qu’elles auront à subir ultérieurement pour se décharger de ce surcroît d’énergies psychiques, de passions et de désirs. [Le karma de « l’esprit souffrant » et celui du médium sont aggravés lors de ces interventions].

- « Mais la grande importance accordée à ces communications est discutable. Certaines personnes y consacrent toute leur vie, par une curiosité jamais rassasiée, ou croyant faire œuvre salutaire – en aidant les morts en transit – ou en communiquant de petits messages, ou leurs discours philosophiques. Les défunts n’ont pas besoin de ce genre d’aide – une attitude positive et aimante à leur égard serait suffisante – et le temps passé à ce type de commerce soustrait à l’individu autant d’énergies qu’il devrait déployer à des fins utiles. L’éveil à la vie spirituelle n’a que faire du dialogue avec les « esprits » ». – Extrait du livre Mourir pour renaître, Jean-Louis Siemons, pp. 243/5, (éd. Albin Michel).

Etats de conscience en Kama loka – Cas des suicides et morts prématurées

Les documents suivants décrivent l’état de conscience d’un décédé dans le kama loka et abordent les cas des suicidés et des victimes d’une mort accidentelles, ou d’une exécution et la responsabilité du médium :

- Extrait d’une Lettre privée, publiée en anglais dans la revue, The Path, de novembre 1889, « La mort : Kama loka – Suicides – Morts accidentelles ».

- Réponses d’H.P. Blavatsky à des questions sur le kama loka : « Correspondance : réponses à d’anciennes questions ».

Le contact des médiums avec les morts

Remarques de la Théosophie sur le monde des esprits :

« a) Aucune « forme matérialisée » n'est la forme de l'esprit qui prétend l'être.

« b) Toutes les apparitions de ce genre sont simplement des formes de nature électro-magnétique capables de tromper, attendu qu'elles sont de simples surfaces réfléchissantes.

« c) Les éléments qui leur sont nécessaires sont prélevés comme par succion dans le médium et le public, en diminuant ainsi les forces vitales de toute l'assistance.

« d) Dans de nombreux cas, ce qui est censé être le visage du décédé est un simple portrait tiré de la lumière astrale et réfléchi sur la surface électrochimique et magnétique préalablement préparée — ce qui constitue l'illusion numéro deux.

« e) La lumière astrale et ses propriétés — ou un milieu quelconque de ce genre — sont connues de ce plan supra-sensible d'où procèdent les phénomènes.

« f) La lumière astrale contient, conserve et réfléchit quand il est besoin l'image des personnes qui ont quitté la terre — par conséquent aussi de celles qui sont encore vivantes — aussi bien que l'image de tous les événements.

« g) Attendu qu'aucun assistant ne connaît personnellement les faits du domaine supra-sensible et de ses habitants — à l'exception de quelques rares clairvoyants — tous les assistants sont à la merci des fantômes et des images qui peuvent apparaître ; et [il y a doute réel sur ces interventions]. […].

« h) En nous reportant de plus au point c), nous voyons que le fait de participer à des séances est plein de dangers pour les assistants par suite de la perte de vitalité entraînée par le prélèvement dans leur corps d'éléments physiques et nerveux servant à réaliser les phénomènes, qu'il s'agisse de matérialisation ou d'autre chose. Assurément, le fait qu'une séance de matérialisation présente de tels dangers est positivement démontré. […] Les fantômes auréolés du nom « d'esprit » se trouvent suspendus dans l'atmosphère, en allant de-ci de-là, comme des pieuvres prêtes à fondre sur tout individu sensible, dans le but de sucer sa vitalité ; elles l'enveloppent alors, pareilles à d'énormes éponges, puis disparaissent dans la forme de la personne, condamnée ainsi à subir une grande perte d'énergie. » ‒ Article de W.Q. Judge, « Spiritisme », Cahier Théosophique n°124.

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